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09/12/2012

Psychodrame à l'UMP : «le Figaro» se lâche

Rassérénés», «revigorés» et «fiers». Ils sont comme ça, les journalistes du Figaro. La crise de l'UMP leur donne des ailes. Pour la rédaction du grand quotidien de la droite, l'avant-mai 2012 ressemblait à «une période de glaciation», selon l'expression de Stéphane Durand-Souffland, le président de la Société des journalistes (SDJ). Sous la gauche, la rédaction s'épanouit et... se lâche.

En pleine crise de l'UMP, le quotidien n'a pas hésité à titrer, lundi 26 novembre, sur le «suicide en direct» du parti. L'écho a porté : «Copé était furieux et n'a pas hésité à nous le faire savoir», rapporte un journaliste. Il va pourtant falloir que la droite s'habitue à être chahutée dans ces pages. Quant aux journalistes politiques, ils espèrent bien, une fois le psychodrame de l'UMP terminé, conserver la liberté de ton et d'enquête dont ils bénéficient depuis deux semaines.

«Ce qu'on a fait ces quinze derniers jours, c'est ce que nous devrions faire tout le temps», insiste l'un d'entre eux. Sans savoir si cet état de grâce va durer, Stéphane Durand-Souffland reconnaît que «le signal est bon». Le «nouveau boss», en effet, «fait le boulot». Alexis Brézet, ex-directeur du Figaro Magazine et proche de Patrick Buisson, le très droitier conseiller de Sarkozy et de Copé, était attendu au tournant.

De l'avis général, il a fait prendre au Figaro le bon virage éditorial : éditos sévères contre une droite devenue folle, titres de une vachards, neutralité dans la bataille Copé-Fillon... «Pendant la campagne, les fillonistes nous traitaient de "copéistes" et les copéistes de "fillonistes", c'est bon signe», se réjouit Béatrice Houchard, rédactrice en chef adjointe du service politique.

«Journaliste jusqu'au bout des ongles certes, Brézet est surtout comme tout le monde, il se marre de cet épisode», reconnaît un responsable du service politique. Il sait aussi que les lecteurs du Figaro sont ulcérés par le spectacle offert par les leaders de l'UMP. Il suffit de lire leurs commentaires sur le site du journal (+ 20 à 30 % de visiteurs). Et dans son éditorial du 29 novembre, Brézet n'hésite pas à appeler, si l'UMP ne retrouvait pas la raison, à «une grande manifestation des électeurs de la droite... contre la sottise de ses dirigeants». Décoiffant !

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